Notre Critique de La Favorite

Quatrième de notre classement, le film tant attendu de Yorgos Lanthimos, La Favorite, vient bousculer les règles du film historique. Pas seulement en matière de réalisation, non, et c’est là le plus surprenant, mais aussi, et surtout en matière scénaristique. Retour sur un long métrage qui saura apporter à qui le voudra ce quelque chose de si british, de si satirique aussi.

La Favorite, notre avis

La Favorite c’est d’abord un film de 120 minutes mêlant trois puissances du cinéma ensemble (Royaume-Uni, Etas-Unis, Irlande). C’est ensuite un film historique au casting quasi 100% féminin et quel casting ! Olivia Colman, Emma Stone et Rachel Weisz, rien que ça ! C’est enfin un film historique, film retraçant avec plus ou moins de véracité l’histoire d’Anne, reine d’Angleterre d’Écosse et d’Irlande.

La Favorite critique

Se concentrant essentiellement sur la montée au pouvoir de Abigail Hill (Emma Stone) qui donnera son nom au film, La Favorite procure à travers son histoire un sentiment étrange. Se montrant au plus juste dans la mise en scène des règles et de l’Angleterre de l’époque, il montre aussi une part non divulguée du royaume. Celle des correspondances épistolaires, des coups bas, des protocoles, des amourettes voire plus encore…

Présentant les guerres de pouvoir de l’entourage d’Anne (Olivia Colman) toujours sur fond très historique, le film donne l’occasion au public de plonger dans un univers passé, où pouvoir rime avec descente aux enfers, lutte d’influence et corruption. Un Dallas des temps passés, résolument aux goûts du jour.

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Dotée d’un casting sur-mesure et ô combien précieux, la plongée dans le XVIIIe se fait sans aucun problème et même avec délectation. Portée par des actrices aux talents incontournables, avec une Emma Stone magistrale dans le rôle de la Favorite, une Olivia Colman désabusée parfois et tellement juste dans le rôle d’Anne, et une Rachel Weisz précise et maîtrisée, dans le rôle de Sarah, femme la plus influente de Grande-Bretagne, La Favorite peut se gargariser d’un film unique dans l’air du temps.

Explosif parfois, puissant d’autre fois, émouvant et dramatique, on y apprend au moins autant qu’on y prend plaisir. Repoussant toujours plus le genre, procurant un spectacle tout à fait différent, Lanthimos nous produit là un film taillé pour les récompenses en tout genre, un classique du genre à n’en pas douter.

La Favorite avis

Mentionnons encore Emma Stone pour sa performance de peste, qui repousse elle aussi les limites de ce qu’il était possible de concevoir. Déjà apparue dans un rôle assez similaire, mais diamétralement opposé au niveau du contexte (Birdman) elle nous propose une fois de plus sa qualité d’interprétation qui n’était plus à prouver.

De par son atmosphère si unique, sa panoplie d’actrices, mais aussi, et il faut le souligner sa reconstitution ultra-maîtrisée, La Favorite s’impose non seulement comme le désormais classique du genre, mais aussi et c’est plus rare comme une ode au grotesque, mêlant raffinement ultime et factualité presque désuète. Un quasi chef d’œuvre, car il y manque cette petite chose, ce petit truc, sans doute un brin de noirceur supplémentaire, de tragique sauce Scorsese pour en faire le pendant d’un Le Discours d’un roi (Tom Hooper, 2010).

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Arrivé au pied du podium, il était dans la position de tout rafler sur son passage quitte à inquiéter Avengers : Endgame. Mais c’était sans compter les quelques longueurs, notre sensibilité aussi peut être, et le voilà bon quatrième de notre classement. À voir absolument, à contempler aussi, comme la représentation historique de la monarchie britannique, de ses frasques, aussi.

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